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Les Ligneris portent : de gueules fretté d’argent au franc quartier d’or chargé d’un lion de sable armé et lampassé de gueules, au lambel de trois pendants d’azur - Pour plus de détails concernant la famille des Ligneris, consulter le site réalisé par Hugues des Ligneris sur ces ancêtres: https://ligneris.wordpress.com/
 

 

Famille Françoise de Billy et Théodore des Ligneris, Albert des Ligneris et Geneviève de Laurent, puis Jeanne des Ligneris et François de Fontenay (1596 - 1622)

Rois de France dans la période : Henri IV (1589-1610), Louis XIII (1610-1643) 

Françoise de Billy, petite fille de Lancelot de Rosny, Dame de St Hilaire et de Courville, avait épousé à Nogent le Rotrou, par contrat du 16 février 1577, en présence de Félice de Rosny, sa mère, Lancelot de Rosny, son aïeul, tuteur et curateur et de Jean de Rosny, son oncle (devant Julien du Pin, notaire), Théodore des Ligneris (ou Ligneries), chevalier, seigneur des Ligneris, de Bailly-en-Cruipe, de Chauvigny, de Beauvais d'Ormoy, de Morancez, de la Motte et Fontaine-la-Guyon, gentilhomme ordinaire du duc d'Alençon, chevalier de l'ordre du roi et capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances.

La maison des Ligneris est une des plus anciennes de l’Ile de France, plus précisément du Vendomois. On la trouve au service de la maison de Bourgogne dès le commencement du XVème siècle. Son origine est constatée et établie par des lettres patentes de novembre 1776, portant création en sa faveur sous la dignité de marquisat des Ligneris, des terres et seigneuries de Méréglise, la Vove et autres et établissant que :

« A ces causes voulant favorablement traiter l’exposant et considérant que la famille des Ligneris est une des plus grandes et de la plus ancienne noblesse de notre royaume, alliée en 1184, à la maison de L’Etendart et depuis aux maisons de Meslot, de Mony, de Crosne, de Tournemine, de Baudiment, de Cardonne, de la Bourdaisière, de Chaligault, de Billy ; tous aïeuls en ligne direct de l’exposant, et encore de la maison de Vieuxpont, Montmorency, Nicolaÿ, Aligre, Molé-Champiatreux, la Luzerne, Briqueville ;… et autres ; considérant aussi les grands et importants services rendus à l’Etat par l’exposant et ses ancêtres et dont les annales rendent témoignage, puisque l’exposant descend en ligne directe de Pierre de René, de Michel, de Jacques, de Théodore, d’Albert, de Louis et de Louis François des Ligneris ; que Pierre des Ligneris, attaché à la maison de Vendôme, rendit les plus grands services à Charles VII, qui lui accorda la place de capitaine et grand bailli de Chateauneuf en Thymerais ; que René des Ligneris, son fils, lui succéda à cette place et s’attacha au duc d’Alençon, dont il fut le premier écuyer d’écurie et qui, en reconnaissance de ses services, fut gratifié, d’un terrain considérable dans la paroisse de Champrond, en  Gastine, qui fut érigé en fief noble du nom des Ligneris , par lettres patentes du 13 septembre 1517, fief que sa famille a toujours possédé ; que René des Ligneris, nourri jeune au service d’Antoine de Bourbon, roi de Navarre, fut tué à la bataille de Dreux où il s’était distingué en commandant la cavalerie légère ; que Michel des Ligneris, l’un des cent gentilshommes de la maison du roi  y servit avec distinction ; que Jacques des Ligneris, cadet de la maison, s’étant appliqué à l’études des lois fut pourvu d’une charge de conseiller au Parlement de Paris, qu’il en remplit si bien les fonctions que François Ier, auquel il était fort agréable ; le gratifia en 1544 d’une charge de président à mortier au même Parlement, laquelle fut créée en sa faveur ; qu’il fut ensuite employé aux plus importantes affaires et fut un des ambassadeurs pour le roi au Concile de Trente où il soutint avec fermeté et courage l’honneur de son souverain et les libertés de l’église gallicane ; que Charles des Ligneris, son fils ainé, mourut jeune à Rome où il avait été envoyé par Henri II ; que Théodore des Ligneris, son second fils, fut nourri et élevé en qualité d’enfant d’honneur de Henry de Bourbon, roi de Navarre, jusqu’à l’âge de cinq ans, qu’il fut placé auprès du duc d’Alençon, par le sieur de la Bourdaisière, son cousin, qui avait l’honneur d’être gouverneur du Prince et lequel Théodore fut, dès l’âge de 15 ans, honoré de la place de gentilhomme ordinaire de la chambre du duc d’Alençon, dont il remplit les fonctions avec dignité jusqu’à la mort du prince, après quoi il fit la guerre en Italie et en Allemagne où il se trouva à plusieurs sièges ou batailles en qualité de capitaine de 50  hommes d’armes des ordonnance du roi, qui l’honore du collier de l’ordre de Saint Michel, et qui fut ensuite choisi le 15 août 1588 pour représenter la noblesse du pays Chartrain aux Etats de Blois ue Geoffroy des Ligneris, le plus jeune de ses fils fut reçu page du grand maître de Malte… »

Extrait de "Notice historique sur la maison des Ligneris"

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Généalogie de Théodore des Ligneris

 

Théodore est donc le fils de Jeanne de Chaligault et de Jacques, président en la Cour du Parlement de Paris, ambassadeur pour le roi au Concile de Trente. Pour détails sur le rôle de Jacques de Ligneris au Parlement de Paris, voir le dictionnaire historique de la ville de Paris.

Jacques des Ligneris était lui-même le fils de René des Ligneris, chevalier, seigneur d'Azay, échanson de la Reine de Navarre, et d'Anne de Champroux. Le premier représentant de cette famille est François des Ligneris, qualifié chevalier en 1389 (détail dans le Dictionnaire de la Noblesse, Volume 9, Par François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, pages 23-25).

François Ier tenait en grande estime Jacques des Ligneris (1502 - 11 août 1556) car il soutint au Concile de Trente les libertés de l'Eglise gallicane. Jacques des Ligneries avait été aussi lieutenant général d'Amiens et avait participé aux Grandes Journées de Poitiers en 1541.

Le père de Théodore avait acquis, douze ans avant sa mort, un lot de la culture Sainte-Catherine (actuelle rue Sévigné, au numéro 23, 75003 Paris), concédée au couvent par Pierre de Brienne. Un magnifique hôtel particulier y fut construit, oeuvre de l'architecte Pierre Lescot, de Jean Bullant, de Jean Goujon (qui en réalisa les statues), et de Ponce. Celui-ci est un des chefs-d'œuvre de l’architecture de la Renaissance. Sa construction fut initiée en 1544; inspiré du château d'Écouen, son plan en forme de quadrilatère « entre cour et jardin » constituait une nouveauté architecturale, et allait être un exemple pour de nombreux autres hôtels. Celui-ci devint plus tard l'hôtel Carnavalet, du nom du fils du nouvel hôte des lieux, Françoise de la Baume (bien que Théodore des Ligneris, alors majeur, avait obtenu le 19 décembre 1573 un arrêt de la cour condamnant Françoise de la Baume à lui laisser l’bôtel des Ligneris) : le baron Charles de Carnavalet. Toujours procédurier, Théodore des Ligneris attaqua Lancelot de Barat, seigneur de Brunelles sur le sujet des successions des seigneur de Courville et de Brunelles entre Lancelot de Barat, seigneur de Brunelles ((sign, de Lancelot de Barat et de Charles du Rousseau, sieur de Rougemont).

Aujourd’hui, le musée Carnavalet ou musée de l'Histoire de Paris est consacré à l'Histoire de Paris des origines de la ville à nos jours.

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Hotel Carnavalet à Paris (ex hôtel des Ligneris)

 

Théodore des Ligneris avait un frère, Claude, envoyé à Rome par Henri II, mort sans alliance et une soeur cadette, Jeanne, femme de Claude Dupuy, baron de Bellesaye, seigneur du Coudray, en Berry.

La mère de Théodore, Jeanne de Challigault, dame de Crosne, d'Etioles et Bailly, est la fille de Claude Challigault, sieur de Crosnes, et de Catherine de Saint Benoit. Le père (Charles de Challigault, 1473) et le grand père de Claude (Miles Challigault, 1439) furent respectivement les secrétaires de Louis XI et de charles VII.

Dans l’ église Saint-Germain de Hanches existaient des vitraux, avec les armoiries d'Anne de Champrond, femme de Jean de Gauville, et celles de Jeanne de Champrond, femme de René des Ligneris, toutes deux d’azur au griffon d’or (La famille des Ligneris possédait vers cette époque la seigneurie du Loreau en la Paroisse de Hanches)..

Théodore des Ligneris est né à Pau et baptisé (église de Chauvigny) le 18 avril 1553. Il fut élevé dans sa ville de naissance et dès l’âge de cinq ans, il le fut avec le Prince de Navarre, le futur Roi Henri IV. Il était seigneur de Bailly, Chauvigny, Beauvais, Aumane, Morancez et La Mothe. Il fut aussi Chevalier du Roi et capitaine des gardes. Il fut amené, à neuf ans, au château d’Azay appartenant à René des Ligneris, son cousin, et se retira peu après en Poitou. Soupçonné de connaître la conjuration d’Amboise, il fut arrêté à Loches où on lui fit subir un interrogatoire, et cela malgré son jeune âge. Le seigneur de la Boursaidière, gouverneur du duc d’Alençon, l’envoya quérir et le fit élever comme enfant d’honneur de ce prince. Théodore des Ligneris devint alors Gentilhomme de la Chambre puis gouverneur de Verneuil.

Profitant des troubles des guerres de religions, Théodore des Ligneris, qui était aussi Seigneur d’Ormoy près Nogent le Roi, de Morancez, de Fontaine la Guyon et de Courville, contrôlait presque toutes les routes arrivant à Chartres. Il résolut d’interdire aux marchands de traverser ses terres, ou, tout au moins, leur fit acquitter un droit de passage élevé. Monsieur François de Sourdis, gouverneur de Chartres, ayant été envoyé en Italie au mois de septembre 1582, le roi confia l'intérim de sa charge à M. Jean d'Allonville, seigneur de Réclainville. Ce capitaine arriva le 23 janvier 1583, au grand contentement des échevins, qui comptaient sur sa fermeté pour réprimer les pillages des gens de guerre et les vexations de quelques seigneurs du voisinage. Jean d'Allonville, seigneur de Réclainville, dont Théodore des Ligneris jalousait la charge (il intriguait alors auprès de Réclainville pour obtenir, au prix de 6000 écus, le gouvernement de Chartres…), fit mettre ce fauteur de troubles à la raison.

Théodore des Ligneris, seigneur de Courville, avait été choisi par la noblesse du bailliage de Chartres pour étre son représentant aux Etats généraux de Blois en 1588. Louis d'Angennes, sieur de Maintenon, contesta la validité de son élection, et profita du crédit qu'il avait pour se faire nommer à sa place. En effet, Théodore des ligneris avait perdu la confiance d’Henri III qui soutint la nomination de louis d’Angennes. Depuis ce moment, des Ligneris embrassa le parti de la Ligue. En effet, en 1589, à la mort du Roi Henri III, les familles catholiques répugnèrent à accepter un roi protestant, Henri IV, qui entreprit donc de reconquérir son royaume. Les villes formèrent alors une Ligue et se révoltèrent avec l’aide de l’Espagne: les campagnes et notamment le Perche, se rangèrent dans le parti du Roi Henri IV. Pour Théodore des Ligneris, ll lui fut d'autant plus facile de soulever les habitants de Chartres, qu'ils y étaient fort disposés,

Les seules personnes sur qui le Roi pouvait compter étaient l’évêque, Nicolas de Thou, et le gouverneur, François de Sourdis, mais ils avaient peu d'influence sur les habitants de Chartres. En vain, le roi envoya le procureur général de la Guesle pour essayer de faire entendre raison à cette populace. On ne lui répondit qu'en criant : La sainte union! On ne respecta pas même le droit des gens. Par représailles, sans doute, Théodore des Ligneris fit arrêter de la Guesle, et ne le relâcha qu'après en avoir tiré une grosse rançon. (De Thou, liv. xciv. )

Théodore des Ligneris qui avait donc poussé Chartres à soutenir la Ligue catholique, changea soudainement de camp: il livra Verneuil à Henri IV au grand mécontentement des bourgeois de Chartres qui vendirent alors ses meubles à l’encan afin d’acheter l’artillerie nécessaire à la défense de la ville. Surpris à Verneuil, en 1591, par les gens de la Ligue, chassé par le Vicomte de Tavenne, il fut fait prisonnier, tandis que sa femme, assiégée dans son château de Courville, se voyait contraindre de capituler. Une rançon leur permit de recouvrer la liberté.

Théodore des Ligneris mourut à 81 ans le 4 juin 1634 à Fontaine le Guyon ( il y avait eu un accord entre Charlotte de Saint-Simon, veuve d'Adrien de Gallot, et Théodore des Ligneris pour la jouissance de la seigneurie de Fontaine-la-Guyon), sa femme le 3 novembre 1615 à Courville.

Onze enfants naquirent de leur union dont :

·        Jean Baptiste des Ligneris, mort sans alliance à 20 ans.

·        Louis des Ligneris, sieur de Courville, marié à Anne de Fromentières, fille de Joachim, seigneur en Dunois, avec qui il eut deux enfants: Renée, mariée avec Charles de Fresnoy et Anne, femme de Duteil, baron de Samois.

·        Jacques des Ligneris, sieur de Fontaines et de Courville (en partie), marié en 1616 à Lucréce de Fromentières, soeur d'Anne, citée ci-dessus. Ils eurent un fils, seigneur de Beauvais, mort sans alliance et une fille, Marie, qui épousa Charles Thoreau, baron de Monticard.

·        Geoffroy des Ligneris, chevalier de Malte (St Jean de Jérusalem) ; il fut page du grand maître (11 juillet 1603).

·        Jeanne des Ligneris, l’aînée des filles, épousa François de Fontenay, écuyer, sieur de la Fresnaye et de Saint Germain de la Coudre, enseigne des gendarmes du maréchal de Lavardin,

·        Marie des Ligneris, qui se maria à Lancelot de Kaerbout (alias carbout), écuyer, seigneur de Gemasse au Maine,

·        Angélique des Ligneris, morte au château de Sours en 1615, sans enfant, mariée à Nicolas de Dangeul, sieur de Sours et d'Arboulin, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi voir Société archéologique d'Eure-et-Loir, Chartres, Mémoires (Volume 7-8)

·        Jacqueline des Ligneris, mariée à Jacques Charpin, seigneur du Gineprès,

·        Lucrèce des Ligneris, marié à Joachim de la Cigoingne, seigneur du Bois du Maine.

·        Albert des Ligneris, chevalier,  sieur de Beauvais, Saint Jean et de Saint Hilaire des Noyers, chambellan de François Ier, prince de Condé (2 août 1680) mort le 12 janvier 1652; sa dépouille fut transportée, dès le lendemain, en l'église de Fontaine la Guyon. Il se maria à Geneviève de Laurent (Lorent) le 31 mai 1631 devant Germain Nasse, notaire à Châteauneuf en Thymerais. Geneviève était la fille de Geneviève Langlois et Jacques de Laurent, écuyer, vicomte de Chateauneuf en Thymerais, seigneur de Douceré. Ils eurent cinq enfants:

-François, mort à 24 ans sans alliance,

-Angélique, femme de René d'Ecauville, seigneur de Lignerolle,

-Deux filles religieuses à Courville et ?

-Louis qui suit.

Ce dernier, brigadier des gardes du corps du roi, né le 6 janvier 1636, décédé à Tarouvilliers, près de Chartres, le 6 janvier 1674, était seigneur de Beauvais, Champroux et Fontaine la Guyon; c’est lors de son exercice que la seigneurie de Courville quitta le giron familial (1629). Il aliéna ce domaine qui pendant six siècles au moins, fut transmis à l’intérieur de génération en génération. Il se maria le 21 février 1667 à Louise de Gravelle (Louise de Gravelle était la fille de Jean, seigneur d'Arpentigny, et de Madeleine de Coutances de la Fressonnière) et eut trois enfants:

-Philippe (1667 – 10 juillet 1751), chanoine de la cathédrale de Chartres, grand archidiacre de Blois,

-Louis-François (1671 – 29 juin 1743), brigadier des armées du roi, chevalier de Saint Louis et ,

- Jean Baptiste (1674 – 16 juin 1754).

 

Le 1er février 1617, à la suite de la mort de leur mère, Françoise de Billy, eut lieu le premier partage entre les trois fils: Louis, le fils aîné, Jacques et Albert (Jean était mort).

Albert fut un temps le seigneur de Saint Hilaire des Noyers. Puis St Hilaire fut abandonné à Jeanne et à son mari, François de Fontenay, par Jacques et Lancelot de Kerbout qui en avait hérité (quittances des 17 novembre 1622 et 7 janvier 1623 données par Jeanne de Ligneries à son frère et beau-frère).

Jeanne devenait veuve en 1620 et vendit alors St Hilaire à Louis Petigars de la Guériniére le 31 octobre 1622 moyennant 21000 Livres tournois.